Quels sont les tarifs de traduction pratiqués au Québec ?

Par Bruno Maniaci
Tarif traduction Québec

Parmi les nombreux travailleurs autonomes au Québec et au Canada, on compte beaucoup de traducteurs et traductrices, un domaine d’emploi très actif dans un pays où le français et l’anglais sont omniprésents, avec un fort besoin pour les services linguistiques.

Que ce soit pour vous lancer en indépendant dans le domaine de la traduction, ou de l’autre côté pour engager des traducteurs pour un projet de votre entreprise, vous êtes en droit de vous poser la question en or : combien ça coûte une traduction au Québec?

Quel mode de tarification, à l’heure ou au mot? Un tarif minimum? Est-ce qu’il y a d’autres frais? Des tarifs par langues ou combinaison de langues? Par domaine et thématique?

Aussi, quelles sont les différences de statuts : traducteur professionnel, pigiste, réviseur, traducteur / traductrice agréé(e), membre d’un ordre professionnel comme l’OTTIAQ, agence ou cabinet de traduction ?

Nous verrons que ce n’est pas seulement une question de nombre de mots, et que plusieurs paramètres entre en compte pour déterminer le tarif d’une traduction.

Les différents statuts de traducteur

Commençons tout d’abord par définir les différentes possibilités de statut pour un traducteur ou une traductrice, car ils auront forcément une influence sur le tarif : un traducteur agrée ou diplômé avec 10 ans d’expérience facturera forcément plus cher d’un pigiste indépendant débutant.

Pigiste / freelance : on voit souvent des travailleurs autonomes effectuer des contrats de traduction, certains en étant spécialisés, mais sans forcément avoir une certification ou un diplôme.

Puisque au Québec, n’importe qui peut offrir ses services en traduction, sans être légalement obligé d’appartenir à un ordre professionnel ou d’avoir un diplôme.

Ainsi, un pigiste ayant par exemple de l’expérience comme réviseur ou rédacteur proposera parfois aussi des services de traduction, surtout si elle se fait depuis une autre langue vers sa langue maternelle.

Traducteur agréé, membre de l’OTTIAQ : Pour devenir traducteur agréé au Québec, noté trad.a., il faut être membre de l’ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec, l’OTTIAQ.

Pour adhérer à cet ordre, il faut avoir fait des études et obtenu un diplôme reconnu en traduction, et suivre également un programme de mentorat de l’Ordre, ou encore présenter un dossier au comité d’examen de l’Ordre.

Documents officiels : les traducteurs agréés sont les seuls à pouvoir faire légalement une traduction certifiée de documents officiels : testament, acte de naissance, relevé de notes ou encore diplôme.

Cabinet de traduction : Plusieurs compagnies spécialisées dans ce qu’on appelle les services langagiers et proposent des services de traduction à leurs clients via des traducteurs professionnels agréés faisant partie du cabinet ou de l’agence de traduction.

Souvent, ces cabinets proposent aussi des services de révision, relecture ou encore rédaction, offrant des compétences linguistiques complètes pour répondre aux besoins du marché.

Par exemple, un réviseur différent du traducteur vérifiera son travail une fois la traduction effectuée, pour vérifier la terminologie, l’orthographe et la grammaire, le ton, le respect de la demande du client en général et la qualité d’écriture.

Ainsi, les tarifs de traductions seront différents selon le profil du traducteur, l’agrégation et la professionnalisation après des études étant évidemment des gages de plus grande qualité, en plus de l’expérience, pouvant faire augmenter le tarif.

La tarification au mot

Généralement au Québec et au Canada, et fréquemment dans le milieu de la traduction, c’est une tarification au mot qui est appliquée.

Le prix au mot permet une estimation assez exacte du tarif pour la traduction demandée, et les deux partis sont gagnants, en quantifiant précisément le travail à faire, sans considérer la lenteur ou rapidité du traducteur.

Il peut arriver que certains professionnels ou cabinets de traduction facturent un tarif horaire, mais il sera habituellement équivalent au prix au mot finalement.

En réalité, le tarif horaire est plutôt utilisé lorsque du travail périphérique est nécessaire, comme de la mise en page, de la récupération de texte et configuration de documents, ou encore la construction de lexique pour des termes techniques spécialisés, ainsi que les recherches impliquées.

Prix au mot : à titre indicatif, une traduction au Québec peut varier entre 0,17 et 0,25 CAD par mot, mais comme nous allons le voir ci-après, plusieurs facteurs interviennent dans la détermination de ce taux.

6 facteurs qui influencent le prix d’une traduction

Outre le profil professionnel et l’expérience d’un traducteur qui joueront dans la tarification, il faut également considérer la nature de la traduction elle-même, car elle peut jouer dans le prix.

1 – La combinaison des langues : chaque paire de langage a son propre prix au mot, souvent selon la rareté des langues impliquées, et aussi de la disponibilité des traducteurs dans le pays concerné.

Sur le marché québécois, les combinaisons courantes sont l’anglais vers le français ou le français vers l’anglais, où les tarifs sont déjà un peu différents selon la paire, mais d’autres combinaisons avec différents langages peuvent changer le prix au mot.

Par exemple, une traduction avec une combinaison de langages impliquant de l’islandais ou du japonais pourra coûter plus cher à Montréal ou au Québec, selon la disponibilité des traducteurs dans ces langues, étant donné qu’on considère généralement qu’un bon traducteur doit idéalement travailler vers sa langue maternelle.

2 – Le volume à traduire : Peu importe si le tarif est au mot ou à l’heure, la longueur d’un document à traduire aura bien évidemment une incidence sur le prix, même si certains traducteurs ou certaines agences proposeront parfois un tarif légèrement dégressif selon le nombre de mots par exemple.

Certaines agences proposent aussi des tarifs fixes pour des plus petits textes entre 50 et 200 mots.

3 – Le délai demandé : Logiquement, un délai plus court pour un grand volume de mots pourra être chargé plus cher que si le travail est étalé sur plusieurs semaines ou plusieurs mois.

Certaines agences appliquent par exemple des pourcentages supplémentaires pour des tarifs de rush, de 20 à 30% plus cher que les tarifs de base.

4 – Le domaine et champ lexical : La complexité d’une traduction sera bien évidemment différente si on parle de traduction d’un article de blogue de jardinage ou d’un manuel d’usine pour assembler des moteurs d’avion.

Il y a ainsi plusieurs domaines qui vont nécessiter une expertise et une spécialisation du traducteur : domaine juridique, pharmaceutique, technologique, informatique, biologique, environnemental, économique, administratif, etc.

En plus de coûter plus cher selon la complexité et la technicité des termes employés et utilisés dans le document à traduire, il sera parfois nécessaire d’effectuer plusieurs heures de travail de préparation avant de commencer la traduction, par exemple pour définir un lexique et se mettre d’accord sur la traduction de chaque terme technique.

Ces heures seront aussi facturées, impliquant alors un tarif horaire plutôt que au mot.

5 – Le style et ton littéraire : C’est aussi sur ce point que l’on peut justifier de payer une traduction par un professionnel plutôt que par une traduction automatique dans un logiciel : en ayant pour objectif de donner un ton, un style, de la personnalité au texte.

On sera peut-être plus ici dans des domaines littéraires que technique, par exemple pour des communiqués de presse, des articles dans le domaine artistique ou littéraire, ou encore de la traduction de romans, de poésie ou de nouvelles.

Au Québec, l’Association des traducteurs et traductrices littéraires du Canada (ATTLC) regroupe des traducteurs spécialisés dans ces domaines.

6 – La mise en page et préparation : Certains mandats de traductions demandent aussi un peu de travail de mise en page, qui peut justifier d’un tarif un peu plus élevé.

On peut penser à des plans d’architectes, des manuels techniques, des guides d’assemblages, ou encore des livrets de guides de sécurité, tout ce qui sort d’un texte standard et implique une mise en page un peu élaborée.

Il faut également considérer le format des documents fournis : s’il est facile de commencer à partir d’un simple fichier texte, un texte dans un fichier PDF ou dans une image demandera plus de travail en amont au traducteur pour aller chercher le texte à traduire, et ce temps de préparation supplémentaire pourra être ajouté à la facture.

 

Déterminer un tarif de traduction au Québec

Comme nous avons pu le voir, on ne peut pas simplement appliquer un tarif standard à la traduction, car chaque mandat est différent.

Il faut déjà considérer le profil du traducteur ou de la traductrice, différent chez un freelance ou dans une agence, ou encore un traducteur agrée, pour obtenir une traduction certifiée d’un document officiel.

Mais il faut aussi considérer la nature du travail de traduction, en prenant en compte la combinaison de langue, le nombre de mots, le délai demandé, le domaine et type de champ lexical, le ton ou style littéraire imposé, ainsi que le travail de préparation ou la mise en page nécessaire en dehors de la traduction elle-même.

À LIRE AUSSI

Laisser un commentaire

* En utilisant ce formulaire, vous acceptez le stockage et le traitement de vos données par ce site web.